Sodium – Métabolisme

Absorption digestive

L’apport alimentaire de sodium, essentiellement sous forme de chlorure, est de 1 à 4 g/jour. L’absorption digestive du sodium est très rapide et quasi complète.

Distribution tissulaire

Dans le sang

La quasi-totalité du sodium du sang est contenue dans le plasma, il y en a très peu dans les éléments figurés. Sa concentration dans le plasma est de 140 mmol/L, soit 3,2 g par litre, celle du liquide interstitiel et de la lymphe est proche de celle du plasma.

Les hyponatrémies, caractérisées par une concentration plasmatique inférieure à 136 mmol/L, peuvent provenir soit d’une diminution du sodium avec volume aqueux normal, soit d’une expansion du volume aqueux et simple dilution du sodium. Ce dernier type d’hyponatrémie dit de dilution est souvent d’origine médicamenteuse, il s’observe surtout avec les antidépresseurs.

Les hypernatrémies, caractérisées par une concentration de sodium supérieure à 144 mmol/L, peuvent provenir d’une augmentation du sodium ou d’une diminution du volume aqueux.

Dans les tissus

Les cellules contiennent peu de sodium alors qu’elles sont riches en potassium. L’os contient une grande quantité de sodium : de 40% du sodium total, soit environ 40 g, est présent dans l’os, sous forme non échangeable et sous forme échangeable.

Élimination

L’élimination du sodium est essentiellement urinaire. Son élimination digestive est très faible car, étant présent dans les sécrétions digestives exocrines, il peut être réabsorbé. La sueur, les larmes contiennent également du sodium mais jouent un rôle négligeable dans son élimination.

Au niveau du rein, après filtration, le sodium est réabsorbé au niveau du tube contourné proximal il s’agit d’une réabsorption active puis dans la branche ascendante de l’anse de Henlé et enfin dans le tube contourné distal et le tube collecteur où sa réabsorption est régulée par l’aldostérone. La régulation de l’excrétion de sodium s’effectue grâce à la balance glomérulo-tubulaire dont le mécanisme est mal connu.

L’aldostérone diminue l’excrétion urinaire du sodium, alors que le peptide natriurétique atrial l’augmente.

Anomalies du métabolisme

Le métabolisme du sodium est intimement associé à celui de l’eau. On observe des hyponatrémies et des hypernatrémies. Il ne s’agit pas nécessairement d’un manque ou d’un excès de sodium, mais souvent de variations dissociées de l’eau et du sodium, un excès d’eau, par exemple, entraîne une hyponatrémie dite de dilution. Ces hyponatrémies peuvent s’observer chez les malades ayant une tumeur médiastinale ou une maladie neurologique ou fréquemment chez des malades traités par certains médicaments (antidépresseurs, carbamazépine, neuroleptiques ; Voir « Hormone antidiurétique, HAD ou vasopressine ».).

Un apport suffisant d’eau ou d’électrolytes par voie buccale chaque fois que c’est possible, évite et corrige les anomalies, tout en réduisant le risque de surcharge inhérant à l’utilisation de la voie parentérale. Cependant, lorsque l’apport par voie buccale est impossible ou qu’un déséquilibre important s’est créé, il faut les administrer par voie intraveineuse.

On dispose de diverses solutions à base de sodium, d’osmolarité différente :

  • Le soluté salé isotonique à 9 g de NaCl par litre dont l’osmolarité est de 308 mOsm/L, identique à celle du plasma.
  • La solution de Hartman (Ringer lactate hypotonique) contenant 6 g de NaCl ainsi que du lactate qui sera métabolisé et dont l’osmolarité est de 280 mOsm/L.
  • Des solutés salés hypertoniques à 10% ou 20% de NaCl, dont le rôle essentiel est d’apporter du sodium.
  • Des solutés glucosés isotoniques (5%) et hyper-toniques (10, 15, 20, 30, et 50%) qui permettent un apport d’eau sans électrolytes, car le glucose est ensuite métabolisé.

Le sodium est également présent dans les solutés alcalinisants destinés à la correction des acidoses métaboliques :

  • Carbonate monosodique isotonique contenant 14 g/L de CO3HNa.
  • Carbonate monosodique à 30, 42 ou 84 g/L, solutions hypertoniques.
  • Soluté hypertonique de lactate de sodium à 112 g/L. L’acide lactique, CH3-CHOH-COOH, apporte des ions H+ alors que lactate de sodium, CH3-CHOH-COO/Na+, est une base, le sodium ne modifiant pas le pH.